par kamel61 le Ven 27 Jan 2012, 22:34
el watan du 27/01/2012
Le gouvernement vient de décider une dévaluation de 10% du dinar, en la présentant comme une dépréciation technique induite par l’évolution des cours des devises étrangères. Dévaluation et dépréciation indiquent le même mouvement à la baisse de la parité de la monnaie nationale décidée par une mesure politico-administrative qui ne se justifie pas économiquement compte tenu des réserves financières de l’Etat en dollars et en euros. On parle de 180 milliards d’euros d’excédents financiers, ce qui aurait dû provoquer une hausse de la parité du dinar si la politique monétaire en Algérie obéissait aux logiques du marché.
L’augmentation de 453,6 milliards de dinars sans accroissement de la richesse économique dans la même proportion va entraîner automatiquement une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs aux revenus fixes. Le gouvernement, qui a pris la décision sage d’augmenter les pensions de retraite, vient d’annuler cette augmentation en opérant la dévaluation du dinar de 10%. L’augmentation des pensions sera financée par la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs. Dans le langage populaire, on appelle cette opération men lahaïtou bakharlou.
Pour réparer cette injustice, les syndicats devraient exiger que toute dévaluation soit immédiatement accompagnée d’une augmentation des salaires et des pensions de retraite dans la même proportion.